Véhicule électrique de fonction : temps de recharge, borne à domicile et obligations de l’employeur

Temps de recharge, frais professionnels, avantage en nature : un nouveau terrain d’analyse

La transition vers les véhicules électriques s’accélère dans les entreprises, portée par des objectifs environnementaux, fiscaux et réglementaires.

Mais derrière cette évolution technique, une réalité opérationnelle apparaît rapidement, notamment pour les salariés itinérants :

  • autonomie limitée,
  • dépendance aux bornes de recharge,
  • organisation des déplacements plus complexe,
  • temps de recharge parfois contraignant.

Ces contraintes soulèvent des questions concrètes :

  • comment qualifier le temps de recharge ?
  • qui prend en charge les coûts ?
  • comment traiter la recharge à domicile ?
  • quelles sont les règles URSSAF applicables ?

Le sujet est encore peu stabilisé, mais les règles existantes permettent déjà une analyse solide.

1. Le véhicule électrique : un outil de travail qui modifie l’organisation

Lorsqu’un véhicule est mis à disposition dans le cadre professionnel, il constitue un outil de travail.

Cela implique :

  • que l’employeur fournisse un équipement adapté aux missions,
  • que son utilisation n’entraîne pas de contraintes excessives.

Le passage à l’électrique introduit une variable nouvelle :

👉 la gestion de la recharge

Pour les salariés itinérants, cela peut entraîner :

  • une planification différente des déplacements,
  • des temps d’arrêt non anticipés,
  • une réduction du temps réellement productif.

2. Temps de recharge : une qualification dépendante des conditions réelles

Le droit du travail ne traite pas directement la recharge des véhicules électriques.

Il faut donc s’appuyer sur les principes existants.

Un temps peut être considéré comme du travail si le salarié :

  • est à la disposition de l’employeur,
  • ne peut pas disposer librement de son temps.

👉 Le temps de recharge peut donc, dans certains cas, être intégré dans l’activité professionnelle.

Tout dépend :

  • du niveau de contrainte,
  • de la liberté laissée au salarié,
  • de l’organisation mise en place.

3. Recharge à domicile : une solution qui s’impose

Pour limiter les contraintes liées aux bornes publiques, la recharge à domicile se développe rapidement.

Elle concerne particulièrement :

  • les commerciaux,
  • les techniciens,
  • les salariés sans bureau fixe.

Cette solution permet :

  • d’optimiser le temps,
  • de sécuriser l’activité,
  • de limiter les imprévus.

Mais elle implique une analyse précise :

  • financement,
  • propriété de la borne,
  • traitement social et fiscal.

4. Les règles URSSAF sur la recharge et les bornes

L’URSSAF, via le BOSS (Bulletin officiel de la sécurité sociale), a prévu un régime spécifique pour accompagner la transition vers les véhicules électriques.

👉 Ces règles sont temporaires et applicables du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2027.

Recharge sur le lieu de travail

L’électricité fournie par l’employeur pour recharger un véhicule électrique :

👉 n’est pas considérée comme un avantage en nature

Conséquences :

  • aucune cotisation sociale,
  • aucune imposition.

Recharge à domicile d’un véhicule de fonction

Lorsque l’employeur prend en charge l’électricité :

👉 cette prise en charge est exclue de l’assiette des cotisations sociales

À condition que :

  • la recharge soit liée à l’activité professionnelle.

Installation d’une borne au domicile

Borne propriété de l’entreprise

  • considérée comme un équipement professionnel,
  • exonération de cotisations,
  • absence d’avantage en nature.

Borne propriété du salarié

  • analyse au cas par cas,
  • possible qualification en avantage,
  • exonération possible sous conditions.
Conditions d’exonération liées à une borne de recharge

Pour bénéficier d’un régime social favorable (absence de cotisations), plusieurs conditions doivent être réunies :

• la borne doit être liée à l’usage professionnel du véhicule
• l’installation doit répondre à un besoin réel lié à l’activité du salarié
• les modalités de prise en charge doivent être clairement définies par l’employeur
• la situation doit être cohérente avec la notion de frais professionnel (et non d’avantage personnel)

À l’inverse, une utilisation mixte ou mal encadrée peut entraîner une requalification en avantage en nature, avec des cotisations et une imposition à la clé.

Un régime temporaire

👉 Ce dispositif favorable s’applique jusqu’au 31 décembre 2027

Son évolution reste incertaine, ce qui impose une vigilance particulière.

5. Frais professionnels : un principe central

Un principe fondamental s’applique :

👉 les frais nécessaires à l’activité professionnelle ne doivent pas être supportés par le salarié

Cela inclut potentiellement :

  • l’électricité,
  • les coûts de recharge,
  • les équipements nécessaires.

Une absence de prise en charge peut être contestée.

6. Départ du salarié : anticiper la gestion de la borne

La question se pose systématiquement.

Si la borne appartient à l’entreprise

  • restitution possible,
  • démontage,
  • ou rachat.

Si la borne appartient au salarié

  • elle reste au domicile,
  • les remboursements cessent.

👉 Une absence d’anticipation peut créer des tensions.

7. Prévenir les risques : formaliser une politique claire

Pour sécuriser les pratiques, il est recommandé de prévoir :

  • une politique véhicule,
  • les règles de recharge,
  • la prise en charge des frais,
  • la propriété des équipements.

Ces éléments peuvent être formalisés dans :

  • une charte interne,
  • un avenant,
  • une politique RH.

8. Un sujet en pleine évolution

Le cadre juridique reste en construction.

Mais plusieurs facteurs vont accélérer les évolutions :

  • généralisation des véhicules électriques,
  • impact sur l’organisation du travail,
  • enjeux économiques.

👉 Le sujet pourrait devenir un enjeu majeur dans les années à venir.

Conclusion

Le véhicule électrique de fonction ne se limite pas à une évolution technique.

Il transforme :

  • l’organisation du travail,
  • la gestion des frais,
  • certaines pratiques professionnelles.

Recharge, temps de travail, borne à domicile…
Ces sujets doivent être anticipés et encadrés.

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FAQ — Véhicule électrique de fonction, recharge et organisation du travail

Cela dépend des conditions concrètes.

Le temps de recharge peut être considéré comme du temps de travail si le salarié :

  • est contraint de rester disponible,
  • ne peut pas organiser librement ce temps,
  • subit une contrainte liée à l’organisation de son activité.

À l’inverse, si le salarié peut utiliser ce temps librement (pause, repas…), il sera généralement considéré comme un temps personnel.

👉 L’analyse se fait au cas par cas.

Il n’existe pas d’obligation automatique.

Cependant, l’employeur doit fournir les moyens nécessaires à l’exécution du travail.
Dans certaines situations (salarié itinérant, absence de borne accessible), l’installation d’une borne peut devenir nécessaire en pratique.

👉 Tout dépend de l’activité et de l’organisation mise en place.

L’électricité utilisée pour un véhicule de fonction constitue en principe un frais professionnel.

Elle doit donc être prise en charge par l’employeur, soit :

  • via un remboursement réel,
  • soit via un dispositif prévu en interne.

👉 Une absence de prise en charge peut être contestée.

Pas nécessairement.

Certaines règles prévues par l’URSSAF permettent, jusqu’au 31 décembre 2027, de :

  • exclure ces avantages des cotisations sociales,
  • éviter leur imposition.

👉 À condition que la recharge soit liée à l’usage professionnel et correctement encadrée.

Cela dépend de la situation.

  • Si la borne appartient à l’entreprise et est utilisée pour un véhicule professionnel, elle est généralement considérée comme un outil de travail.
  • Si elle appartient au salarié, la prise en charge peut être analysée comme un avantage.

👉 Le traitement dépend des modalités mises en place.

Tout dépend de sa propriété :

  • si la borne appartient à l’entreprise, elle peut être récupérée, démontée ou rachetée ;
  • si elle appartient au salarié, elle reste en place et les remboursements cessent.

👉 Il est recommandé d’anticiper ce point dans les documents internes.

En principe non, si le véhicule est nécessaire à ses fonctions.

Cependant, le salarié peut contester si le véhicule est :

  • inadapté à son activité,
  • source de contraintes excessives,
  • ou incompatible avec ses conditions de travail.

👉 L’employeur doit fournir un outil adapté.

Oui, si les contraintes liées au véhicule électrique impactent l’activité.

Cela peut concerner :

  • le temps de recharge,
  • les distances,
  • la disponibilité des bornes.

👉 L’organisation du travail doit rester réaliste.

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